Château de l’Etergne


Le plan de masse présente une forme simple avec deux tours carrées, une au levant, l’autre au nord. Il est situé à la même altitude que le château de Longpra, à proximité d’une butte qu’on appelle la motte castrale, bien qu’aucune fouille récente n’en ait attesté l’existence.

On ne connait pas l’origine du nom Etergne. Peut-être « le terme », si le chemin ne continuait pas après la maison ?

C’était probablement une simple maison forte associée à la demeure de Longpra, aménagée au seizième siècle pour un cadet des Pascalis, une famille originaire du Piémont. Le premier ancêtre connu était Antoine Pascalis, notaire à St Geoire, qui acheta Longpra en 1536. On compta un Pascal de la Platière (vers 1750) curé à Merlas, Pierre Pascal de la Rochette châtelain du Comte de Clermont en 1735 et un Pascalis de la Mayerie à Massieu.

Si on se fie aux registres des mariages, baptêmes et enterrements, le propriétaire enregistré le plus ancien à l’Estergne était Claude Pascalis de l’Etergne, marié à Marie-Thérèse Duclot. Il décédera en 1723. Il était juge du Comté de Clermont. Avant la révolution de 1789, le seigneur du lieu (du mandement de Clermont) avait l’autorisation de rendre la justice, privilège qu’il déléguait à un notable. Etaient aussi nommés un châtelain pour tenir le château et un « fermier général » qui collectait l’impôt (la taille) pour le compte du comte.

Le fils de Claude, Antoine Pascalis de l’Etergne (1690-1756), avocat à la cour de Grenoble s’est marié à dame Elisabeth Chaboud en 1738. Après plusieurs enfants morts en bas-âge (Louis, puis Magdelaine, puis Claude), on peut noter qu’ils ont eu une fille unique arrivée à l’âge adulte ; Louise (1740-1813).

Louise s’est mariée en 1788 (à 48 ans) à Jean Louis Guillaume de Revel du Perron (1765-1822). Il n’y a pas eu d’enfant.

Les de Revel du Perron étaient une famille importante pour le village de Moirans, proche de Grenoble. Joachim avait acheté les trente hectares du domaine de Vergeron en 1710. Son petit fils ainé, Joachim (junior), a participé à la campagne d’Amérique en 1781, comme Lafayette et Anselme de Franclieu. Joachim siègera au Conseil du département juste après la révolution. Le cadet, Alexandre sera maire de Moirans de 1808 à 1816. Guillaume était le troisième fils. Avant son mariage avec Louise, il habitait Saint Etienne de Crossey.

Après le décès de Louise et la disparition du nom des Pascal de l’Etergne, Guillaume de Revel du Perron se remariera en 1819, avec Marie Catherine Reine de Sibeud de Saint Ferreol (1791-1872). Ils auront un seul enfant ; Armand François Marie Joachim de Revel du Perron (1820-1888). Guillaume décèdera deux ans après, à Saint Geoire.

Armand quittera Saint Geoire pour une carrière dans l’administration, qui le mènera dans l’Aisne, mais Reine, sa mère, demeurera à l’Etergne jusqu’à son décès en 1872. Le domaine fut vendu à la famille Gaillard en 1891. Il est actuellement la propriété de Jean-Charles Barberet qui entretient l’extérieur avec amour et restaure l’intérieur avec passion.