Château de Clermont


Le château de Clermont en 1970

La Maison (la famille) Clermont remonte au neuvième siècle. Ce fut une période trouble, après la mort de Charlemagne et le découpage façon puzzle de son empire. Il fallait craindre, venue du sud, la menace des Sarrazins, de l’ouest les comtes d’Albon et, de l’est, l’invasion des Hongres.

Une imposante motte castrale sur la colline de Clermont domine encore le village voisin de Chirens. On a émis l’hypothèse que des chevaliers-paysans construisirent un premier château, ceux-mêmes qui avaient édifié la cité lacustre près de Charavines au lac de Paladru. Cela se passait autour de l’an mil, à la demande de l’Évêque de Vienne. En 1050, la cité était sous les eaux du lac et les chevaliers-paysans ont du s’installer ailleurs, d’abord à Chirens, puis à Saint Geoire en Valdaine…..…. attendant la construction du musée de Paladru …. prévu pour 2022.

A la demande de l’évêque de Vienne, un peu avant 1080, Sibaud de Clermont fit donc construire le château de Saint Geoire, qu’il occupa ensuite avec sa famille, conjointement avec les châteaux de Chirens, Montferrat, Vallières, Recoing, Chabons, Hautefort. En ces temps, les nobles vaquaient régulièrement d’un château à l’autre pour montrer leur puissance. La famille Clermont participa à la première croisade en 1096 (sous la houlette de Godefroy de Bouillon). Le blason des Clermont était alors un pic surmonté de soleil et de lune.

Aynard de Clermont quatrième fils de Sibaud, Seigneur de Saint Geoire, répondit à la demande de son cousin Guy de Bourgogne, évêque de Vienne. En 1119, Il l’accompagna à Rome, avec son armée pour en déloger un pape imposteur. Guy, installé au Vatican sous le nom de Callixte II, en reconnaissance, par un bulle papale du 11 juin 1120, l’autorisa à modifier le blason des Clermont :

les Armes des Clermont

« Ecu de gueules (la couleur rouge, pour les héraldistes !) à deux clés d’argent (le blanc) en sautoir (des clefs croisées, donc), au cimier (en haut) la tiare papale et support de deux lions d’or tenant bannière, avec la devise suivante : « (Etiam) si omnes ego non ». On peut cette devise par : « Et donc, si tous (t’abandonnent), moi pas ! ».
Car Clermont n’avait pas abandonné Guy. Cette devise fait peut-être aussi un peu référence à Saint Pierre qui avait promis à Jésus de ne jamais l’abandonner :

« Jésus lui dit: En vérité, je te le dis, que cette nuit,
avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois.« 
Mais, c’est une autre histoire !

La famille Clermont devint de plus en plus forte et essaima dans le royaume. On peut citer quelques bornes de leur histoire :
En 1191, Hugues de Clermont participe à la croisade de Philippe Auguste en terre sainte. Son neveu disparait à Jérusalem en 1220. En 1310, un Guillaume de Clermont disparaît en Syrie, tué par les Sarrazins. C’étaient les premiers cadets du Dauphiné (les trois mousquetaires immortalisés par Dumas étaient aussi des cadets, de Gascogne). En ces temps là, les filles qu’on n’arrivait pas à marier devenaient nonnes. Les querelles étaient monnaie courante, entre le Viennois (les dauphins d’Albon), la Bourgogne, le roi de France, les Savoyards, la Provence. Une partie de la France était occupée par les anglais, et la peste menaçait partout. Les Comtes de Clermont devaient louvoyer entre de fieffés arrogants pour exister !

Au mi-temps du XVème, Aynard II de Clermont, baron du Dauphiné, était écuyer de Humbert II, Dauphin du Viennois, mais il est intervenu à la bataille de Crécy en 1346 pour le compte du Roi de France Philippe VI, contre les anglais (où on a pris une raclée contre le roi d’Angleterre) : c’était un fin diplomate.

Le château de Clermont, à Saint Geoire avait alors à peu près la configuration suivante :

En 1349, le Dauphin du Viennois, Humbert II, revint d’une croisade désastreuse. Il dut vendre son Dauphiné au Roi de France. Geoffroy II de Clermont, successeur de Aynard rendit alors hommage au premier Dauphin de France Charles, l’ainé du roi de France, Philippe VI.

La famille Clermont essaima dans tout le Royaume de France (et de Navarre puisque le futur Henri IV descendait d’un Clermont.) pour en savoir plus, cliquez sur le lien

Un Clermont très connu, de la douzième génération, Bernardin, épousa en 1496, Anne de Husson, fille du Comte de Tonnerre, (près d’Auxerre). Anne était fille unique. Les enfants de Bernardin devinrent Comtes de Clermont-Tonnerre, mais furent ensuite plus attirés par Paris, puis Versailles, que par notre vieux château de Clermont à Saint Geoire en Valdaine, mal entretenu.

A la Révolution, le château passa à la famille de Lannion, de Pons et de Tourzel. En ruine après un incendie, il sera racheté en 1846 par monsieur André Michal-Ladichère sénateur de l’Isère, qui le cédera à son neveu. C’est donc Henri ML qui procédera à la reconstruction dans le style renaissance à partir de 1869. Trois descendants « ML » occupèrent le château jusqu’en 1954.

Les photos de l’époque montrent qu’à la fin de 1880, il ne restait que la tour. La restauration, voulue dans le style Renaissance, comporta une verrière à l’étage. Le dernier des Michal Ladichère, André, maire de Saint Geoire jusqu’en 1945, disparut en 1954 et son épouse Suzanne, née Mestrallet, en 1974.

Après la deuxième guerre mondiale, Il fut acquis par la Banque Nationale de Paris et devint colonie de vacances. Il fut créé un golf miniature dans la cour du château et des aménagements intérieurs. En 2021, il vient d’être racheté.

le château de Clermont et sa verrière vu depuis les grilles d’entrée